Un membre de l’ETA avoue plusieurs tentatives d’attentat au missile surface-air.
février 4th, 2010 § 3 Commentaires
Cette information est tirée de la trés sérieuse revue Atenea dont le directeur est le président de l’APDef (association de journaliste de Défense qui a récemment fêté sa première année d’activité). Elle a été reprise par la plupart des grands médias espagnols.
L’interrogatoire d’un membre de l’ETA a récemment révélé que trois tentatives d’attentat contre José Maria Aznar avaient été planifiées en 2001 à l’aide de missiles surface-air. La procédure prévue était simple, il s’agissait de tirer avec un missile de type SA-7 Grail à guidage infrarouge sur l’avion du président au décollage ou à l’atterrissage à l’occasion d’une de ses visites au pays basque. Aucun élément public ne permet aujourd’hui de connaître les raisons de l’échec de ces attentats. Plusieurs médias évoquent une possible erreur de manipulation de la part des terroristes basques voire plus simplement le mauvais état du matériel. Si il avait réussi cet attentat aurait été une victoire symbolique importante pour l’ETA qui n’est pas parvenu à atteindre un haut représentant politique depuis la mort de Carrero Blanco en 1973.
Des précédents et des quantités inquiétantes
Les missiles 9K32 Strela-2, aussi appelés SA-7 Grail dans le jargon de l’OTAN, ont été conçus et produits par l’URSS durant la guerre froide. Ils s’avèrent particulièrement efficace contre les avions et hélicoptères et sont toujours utilisés par de nombreuses armées de par le monde. Leur facilité d’utilisation (un homme suffit à la mise à feu et il peut facilement se transporter dans le coffre d’une voiture) et leur “disponibilité” relativement importante dans les stocks des trafiquants d’arme (de nombreux exemplaires ont disparu lors du démantèlement des républiques soviétiques) en font un matériel particulièrement dangereux hors du contexte purement militaire. Ils sont parallèlement très difficiles à repérer ou à intercepter.
Selon un rapport de l’institut français des relations internationales (IFRI), on estime à près de 600.000 le nombre de missiles du même type dans le monde. Entre 5000 et 150.000 armes de cette catégorie appartiennent à des organisation non étatiques et sont ou ont été utilisées par des organisations comme l’IRA, les FARC colombiens, le PKK Kurde, le Hezbollah ou encore différentes mafias, tout spécialement russe ou des pays de l’ancien bloc soviétique. Souvent employés en situation de guerre asymétrique, ces missiles de courte portée connaissent une utilisation effective à des fins terroristes et contre des populations civiles: 35 avions civils ont ainsi été détruits par des “manpads” au cours des 25 dernières années.
Quelles solutions?
Prévenir une attaque terroriste utilisant ce genre d’arme est extrêmement complexe. Le travail de renseignement, d’infiltration et de démantèlement des trafics est à ce titre primordial. En effet, sécuriser les abords des aéroports semble impossible puisqu’elle nécessiterait d’interdire l’accès et de contrôler l’équivalent de 750km² soit à peine moins de la superficie de la commune la plus étendue de France métropolitaine, Arles. La possibilité de mettre en place des mesures préventives de détection des risques notamment par un système de “veille citoyenne” est évoqué par certains experts mais reste limitée.

Des leurres thermiques équipent les avions militaires de combat comme de transport. Ici un Hercules C-130
Les rapports sur le sujet évoquent également l’option consistant à équiper les avions civils, voire les aéroports eux-même d’un système de détection des missiles et de leurres thermiques ou lasers équivalent à celui qui équipe les avions militaires. Les attentats “ratés” de Mombasa en 2002 laissent entendre que les compagnies aériennes civile israélienne avaient déjà pris ce genre de mesure peu de temps après les attentats du 11 septembre 2001 . Si ces instruments réduisent les risques, ils ne garantissent cependant pas la même fiabilité face à tous les missiles surface-air. Cette option irait de paire avec un processus de “camouflage” des avions c’est à dire une limitation de ses émissions de chaleur. Le coût d’une telle mesure se chiffre à plusieurs centaines de milliers d’euros par appareil.
Du juge d’instruction au juge de l’instruction (Mise à jour)
février 4th, 2010 § Laisser un commentaire
Après de nouvelles recherches et une entrevue avec un magistrat sur la question, il s’avère que lors du précédent article sur le sujet certains aspects n’ont pas connu le développement qu’ils méritaient. Une rapide mise à jour s’impose:
Parmi les arguments qui s’opposent à la suppression du juge d’instruction la question des moyens donnés à l’accusation et à la défense mérite d’être soulevée.
Cet angle d’attaque est intéressant dans la compréhension du sujet puisque le juge d’instruction, en enquêtant à charge et à décharge, permet en théorie une plus grande équité entre l’accusation et la défense. Rares sont en effet les justiciables qui disposent d’un revenu ou d’un capital suffisant pour payer des enquêteurs privés aptes à mettre en place un dossier qui puisse contredire les conclusions de l’enquête dirigée par le parquet. Dans l’hypothèse de la suppression du juge d’instruction, le parquet disposerait d’une capacité d’enquête probablement disproportionnée au regard de celle de la défense pour déterminer la responsabilité de l’accusé.

