Margin Call

mai 27, 2012 § Poster un commentaire


Margin Call traite de la faillite d’une banque en 2008, risquant d’entraîner avec elle une bonne partie du système financier mondial. Bien que n’étant pas évoqué, le nom de Lehman brothers vient immédiatement à l’esprit de spectateur.

Bénéficiant d’un casting efficace – Kevin Spacey, Demi Moore, Jeremy Irons, Simon Baker entre autres – le film bénéficie d’une réalisation qui parvient à mettre en relief la tension qui règne dans les open space des grandes (et des petites) banques d’investissement.

Le pitch est le suivant: Alors que de sérieux remaniements sont mis en place au sein du personnel d’une grande banque, le responsable du contrôle des risques est limogé brutalement après 20 ans de bons et loyaux services. En partant, il laisse des documents à l’un de ses jeunes analystes qui les étudie. Sa découverte va révéler de terribles failles dans le modèle mathématique qui gère les risques pris par la banque.

Alors que l’on pouvait craindre un énième film qui tendrait vers le thriller et où l’employé modèle risquerait sa vie pour qu’éclate la vérité, le film de J.C.Chandor se révèle délicieusement froid et réaliste. Pas de coup de feu, pas de courses poursuites, rien que les couloirs stéréotypés de l’entreprise et des dialogues fins et révélateurs à la fois de l’ambiance d’une salle de marché et de la violence feutrée des salles de réunions. La prestation de Jeremy Irons, en PDG froid et incisif y est pour beaucoup, soutenu par des comédiens tout en juste retenue.

Bref, un film que je vous recommande vivement!

 

La crise économique et budgétaire comme levier de recentralisation pour le gouvernement espagnol.

mai 26, 2012 § Poster un commentaire


Une crise économique et budgétaire profonde.

Les spreads à 10 ans sur la dette espagnole ont connu une forte progression depuis 2008, augmentant le coût du refinancement de la dette espagnole

La crise économique espagnole est sans appel. Officiellement en récession –trouver les chiffres-, présentant un taux de chômage de 24% (près de 50% chez les moins de 25 ans) et un déficit estimé à 6,2% pour l’année 2011;

Pour ce faire, l’Etat espagnol a prévu une diminution de son budget pour 2012 de 27 milliards d’euros. Décrit comme « le plus grand effort budgétaire de l’histoire démocratique de l’Espagne » par le  ministre du Budget, Cristobal Montoro, cette coupe budgétaire, bien que nécessaire, participe cependant à l’enfoncement progressif dans la récession que connaît ce pays.

La crise budgétaire comme levier de réforme de l’Etat et de la répartition des compétences …

La crise économique a porté au pouvoir le Parti Populaire (PP) au congreso de los diputados fin 2011. Alarmés par cette alternance politique, les partis nationalistes dénonçaient, dès l’investiture du chef du gouvernement Mariano Rajoy, la « rencentralisation » que laissait entrevoir ses déclarations. Ce terme n’apparaît cependant pas dans le programme de l’actuel chef du gouvernement et le processus est même nié par la présidente du PP en Catalogne Alícia Sánchez Camacho.

Cependant, le  mouvement de recentralisation est pourtant bien entamé en Espagne et le discours qui l’accompagne s’amplifie par le biais des déclarations de plus en plus précises de la présidente de la communauté de Madrid, Esperanza Aguirre. La loi d’équilibre budgétaire, en contraignant fortement les finances publiques des autonomies, prépare le terrain.

L’actuel ministre du budget espagnol, Cristobal Montoro.

Dans le viseur du gouvernement, la recentralisation des compétences en matière de santé, d’éducation ou encore de justice. Le prétexte avancé – la rationalisation des moyen dans un contexte de rationalisation budgétaire fort- est parfois perçu comme l’opportunité de remettre à plat les décentralisations espagnoles.

En effet, de par sa complexité, la décentralisation espagnole pourrait s’avérer un obstacle à la fois au développement économique (des droits différents selon les autonomies), mais également au principe d’unité nationale. A titre d’exemple, la catalogne dispose, de par l’Estatut de Catalunya de la possibilité de « conserver, modifier ou développer un droit civil catalan » de « développer une police autonome » ou encore « la régulation et l’administration de l’enseignement dans toute son étendue, niveaux et grades, modalités et spécificités ».

… qui se heurte à la fronde des autonomies

Une certaine résistance à ces mouvements s’organise, particulièrement en Catalogne. Ainsi, le govern catalan a ainsi annoncé le 8 mai 2012 une série de mesures visant, selon la déclaration de presse, à « faire face » à l’action de « recentralisation et récupération de compétences » exercée par le gouvernement.

Le porte parole de l’exécutof catalan, Francesc Homs, a ainsi affirmé que ces mesures –que l’on qualifiera d’obstruction judiciaire- ont pour objectif de protéger les compétences qui reviennent « légitimement » au govern. Celui-ci a continué en dénonçant les « doublons » générés par des ministères « qui ne devraient pas exister puisqu’ils n’ont pas de compétences ».

Quel rapport de force aujourd’hui?

A l’image des modèles de finances publiques français, les règles de finances publiques espagnoles sont mal connues de la population et présentent qui plus est la particularité de varier dans leur application en fonction de l’autonomie concernée et des compétences accordées. A titre d’exemple, l’autonomie basque dispose d’un droit historique à lever l’impôt. L’autonomie catalane a quant à elle négociée dans son Estatut de catalunya la fin du principe de solidarité entre autonomies pourtant solidement ancré dans la Constitution.

Une étude récente universitaires Víctor Pérez-Díaz, Josu Mezo y Juan Carlos Rodríguez sur le thème de « la crise et les autonomies » s’est appuyée sur un sondage réalisé auprès de 1429 personnes afin de mesurer le rapport de la population espagnole avec son système de décentralisation.

La première remarque de cette étude s’attarde sur la complexité de ce modèle et sur la faible connaissance de la population des mécanismes de finances publiques existants. Ainsi, 90% des sondés estiment le système de décentralisation  espagnol « peu ou pas transparent » et 80% estiment le niveau d’endettement de leur autonomie comme « préoccupant ou très préoccupant ».

Autre constat, le sentiment de dysfonctionnement des autonomies espagnoles est partagé par l’ensemble des populations de ces autonomies à l’exception -notable- de la catalogne et du pays basque. Si les Espagnols approuvent très fortement un modèle dit « autonomique », 85% estiment que le système actuel est « inégal ». Ce manque de transparence et d’équité peut être interprété comme un des éléments qui pousse l’opinion à appuyer majoritairement le mouvement de recentralisation qui est en cours.

Avec un soutien de 60% de la population à l’intégration de la « règle d’or » budgétaire dans la Constitution, le gouvernement espagnol pourrait s’appuyer sur ces principes pour effectivement recentraliser et remettre à plat progressivement les compétences des autonomies espagnoles en étatisant certaines d’entre elles. L’éventualité de cette réforme est d’autant plus grande que les deux autonomies les plus réfractaires (Pays Basque et Catalogne), ne représentent qu’une part très faible de l’électorat traditionnel du parti actuellement au pouvoir.

La lettre et l’esprit redémarre!

mai 2, 2012 § 2 Commentaires


Après plusieurs mois de mise en veille, la lettre et l’esprit redémarre! Toujours centré sur l’Espagne, la Catalogne et les questions en lien avec l’indépendantisme, j’espère également pouvoir l’orienter parfois vers des thèmes plus légers (littérature, cinéma).

A très vite!

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